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Fragments nippons-1- "Le vent se Lève, il faut tenter de vivre"

Le vent se lève

 

 

Mars 2013-

 Vol-Lyon-Paris- Pékin-Tokyo-Haneda-20 heures de voyage-

"Le vent se lève" sur Pékin.

 Arrivée à Tokyo-Haneda vers 23 heures-

 3 heures de retard-

 une valise disparue entre Pékin et Tokyo.

 L , ma logeuse  japonaise charmante,

 vivant, entre Paris et Tokyo,

 avait absolument voulu venir m'attendre à l'aéroport,

 intention généreuse,

 malgré mon insistance à me débrouiller seule, 

 bien que ne parlant qu'anglais...

 Impossible de l'informer de mon retard,

 L, n'ouvre pas son ordi et n'a pas de téléphone portable.

 Je lance un appel à l'aéroport....à l'arrivée.

 Quand nous nous retrouvons, L, fait la gueule,

 boude, reproche mon retard....

 Je lui cause beaucoup de fatigue....

 L, fait la chipie

 alors que je voulais rejoindre sa maison en taxi....

 Épuisée par le voyage,

 je ne comprends pas ce qui me tombe dessus,

 il est 2 heures du matin quand nous arrivons à sa maison,

 après une heure de taxi, payé par Air China ;

 L, veut absolument que je prenne un bain....

 j'en suis incapable....c'est impossible....

 je viens de prendre une telle douche froide;

 je ne pense qu'à disparaitre sous la couette.

" Le vent se lève-il faut tenter de vivre..."  

 Je ne comprends pas, cette attitude.

 J'avais rencontré L , à Paris,

 une  japonaise très symphatique, généreuse;

 L, propose de me louer sa maison à Tokyo,

 pour trois mois.

 Elle sera en France, je serai à Tokyo;

 je suivrai l'enseignement d'un maître calligraphe,  

 rencontré au Musée Guimet à l'expo Sho 1

 Je dois arriver au Japon 4 jours avant son retour en France,

 pour que L, me donne  les règles de l'art de vivre dans sa maison.

 Cette opportunité extraordinaire, inimaginable....

 me permettrait de vivre la vie des japonais, dans la ville, 

 et d'approfondir la pratique calligraphique avec un grand Maître.

 Les 4 jours passés avec L,

 ont eu le même goût que celui de l'arrivée....

 ce n'était pas "le goût du saké"...

 Insultes et  humiliations se sont succédées....

 tu es:"nulle, vulgaire, inculte, inintéressante..."

" Stupeurs et tremblements" in situ...

 Je ne connais personne à Tokyo;

 suis cassée, envisage de rentrer,

 résiste sans commentaire,

 ne voulant pas laisser à cette femme inconstante le plaisir

 de me faire renoncer à cette aventure essentielle.

 De ma vie je n'ai été humiliée de la sorte,

 dans un temps aussi bref...

 dans mon enfance j'avais eu ma dose....!!!

 Pourquoi cet épisode haineux...?

 Petit rappel de l'histoire, ( de la mienne, de la sienne ? )

 douloureux et émouvant;

 enfance blessée toujours là,

 enfance aimée avec ses ravages indélébiles, 

 enfance libérée par le Verbe et l'Écriture,

 enfance source de création et de désir.

  

  

 Le voyage commence,

 Pas de temps à perdre en supputations...

 S'approcher de cet univers inconnu,

 silencieuse et totalement présente

 pour y vivre avec les autres.

 

 "Le vent se lève, il faut tenter de vivre"-Paul Valéry

Philippe Jaccottet entre à La Pléiade

 

Je suis comme quelqu’un qui creuse dans la brume

 
à la recherche de ce qui échappe à la brume

 
pour avoir entendu un peu plus loin des pas

 
et des paroles entre des passants échangées… 
 
Philippe Jaccottet, Œuvres,   (Pensées sous les nuages)
 

Pourquoi Anton Tapiès

 Anton Tapiès

 

 Parce qu'il me relie, 

 aux "traces-mémoires" du désir des hommes,

 laissées sur les parois des  cavernes du paléolithique, 

 sur les toiles, les papiers, les murs, 

 par des doigts, des poils, des bois, des pinceaux....

 imprégnés de pigments...

 
 
 "Lorsque vous regardez, ne pensez jamais à ce que la peinture
 (ou n'importe quoi de ce monde) doit être,

 ou à ce que beaucoup de gens voudraient qu'elle soit seulement.

 La peinture peut tout être (...)

 Elle peut-être ce que nous sommes, 

 ce qui est aujourd'hui, maintenant, 

 ce qui sera toujours.

 Je vous invite à jouer, à regarder attentivement....

 Je vous invite à penser."

 in " La pratique de l'art"- Anton Tapiés-Folio  essais-
 

 

Une histoire d'amour inaccompli

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 Encre, inaccomplie,

 fruit de nombreuses années de travail,

 d'échecs, de ratages,

 de papiers déchirés,

 de jours et de mois de frustrations,

 et d'égarements .

 

 Idée étrange au départ,

 ce voyage en Chine;

 embarquée, à mon insu,

 ce chemin des encres, et des signes, 

 m'emmènera au Japon,

 un long chemin de patience et de doutes .

 

 Cette calligraphie,

 avec ses imperfections,

 mon âme avec ses fêlures...

 mon amour pour le mystère des hommes,

 dans leurs périgrinations,

 inscrites dans leurs traces,

 sur les parois des cavernes,

 les écorces de tortue,

 les parchemins

 les kakejukis.

 

 Ma pensée, ma vie, mon désir,

 inscrits au fond de l'encre,

 se révèlent sur le papier.

 L'esthétique, n'est pas le but de l'oeuvre,

 l'oeuvre porte l'exigence morale de son créateur,

 avec ses fragilités .

 La calligraphie, une voie minimaliste

 pour tenter de dire les vacarmes du silence  ...

 une voie à travailler avec rigueur et exigence,

 dans l'ascèse et le partage.

 

« Une œuvre ne vit que par le regard de celui qui la regarde,

 sinon elle meurt ».Marc Rothko

 

 Le « calligraphe-créateur » désire son œuvre;

 l'œuvre suscite le désir de l'autre,

 qui la regarde;

 sans ce désir,

 l'oeuvre, se dévitalise, meurt.

 

 C'est une histoire d'amour.

 Nous prenons tous part à la création du monde .

 

Saul Leiter-Photographe américain-1913-2013

  Saul Leiter Saul Leiter
Saul Leiter - Un regard poétisé du quotidien

" J'ai passé une bonne partie de ma vie ignoré.

J'ai toujours été très heureux de cette façon.

Être ignoré est un grand privilège.

Voilà comment je crois que j'ai appris à voir ce que les

autres ne voient pas,

et de réagir à des situations différemment.

J'ai simplement regardé le monde...."

Saul Leiter

  

Henri Michaux-Passages

 Henri Michaux dans "Passages" : 

 "j'écris pour me parcourir.
 Peindre, composer, écrire : me parcourir. 
 Là est l'aventure d'être en vie. 
 En somme, depuis dix ans, je fais surtout de l'occupation progressive.
 Toute faculté non employée enténèbre les autres facultés. 
 Toute activité qu'on s'est refusée, 
 tout acte qu'on pouvait commettre, 
 empêtre la conduite entière, revient frapper à la porte continuellement.
 Les amis fidèles sont souvent un encouragement à rester aussi borné le lendemain que vous l'étiez la veille.
 C'est l'inconvénient du confort, du réconfort."

Charle Juliet

Charles Juliet Entretien avec François Busnuel 

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